Martinisme
L'Ordre dans le monde
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Un martinisme discret

L’initiation martiniste, celle de monsieur de Saint-Martin, va perdurer pendant le XIXe siècle, de personne à personne, en dehors de toute organisation constituée. Nous pouvons estimer que ceci était proche de l’esprit qui régnait dans le réseau qu’avait établi le Philosophe Inconnu.

Connaissant les aléas et la lourdeur d’une organisation constituée (il avait été secrétaire de l’Ordre des Élus Coën), il est plus que probable qu’il ne voulait pas s’encombrer inutilement, concentré qu’il était sur "la grande affaire", nom qu’il donnait à sa quête d’homme de Désir. À cette transmission formelle mais simple s’ajoutent des instructions orales, ainsi que certains écrits, ceux du Philosophe Inconnu, bien sûr.

Cette initiation ne nécessite pas une allégeance à un homme, une organisation, un système ou des dogmes particuliers. À cette époque-là, celui qui était dépositaire de l’initiation pouvait la transmettre telle qu’il l’avait reçue, de mémoire. Immanquablement, des différences pouvaient voir le jour entre des personnes différentes qui transmettaient un même dépôt, à des dizaines d’années d’écart.

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Survivance du dépôt

Ce fragile dépôt parvient à Augustin Chaboseau et à Gérard Encausse (la nature du dépôt, comme son existence réelle, demeure très controversée mais, tout du moins, peut on évoquer, avec les mots de Robert Amadou, une « filiation de Désir »). Ils se rencontrent et se rendent compte qu’ils ont reçu le même dépôt. Un dépôt qui aurait donc traversé le XIXe siècle. Ils décident de constituer une organisation qui conserverait ce dépôt initiatique et le transmettrait plus largement. Pour cela, ils s’entourent de quelques chercheurs, indépendants les uns des autres, et constituent ensemble « l’Ordre Martiniste ». Papus en fut le premier Grand Maître et le président du premier Suprême Conseil. Augustin Chaboseau, après la mort de Papus, fonde l’Ordre Martiniste Traditionnel. Après 1945, la Délégation de l’Ordre Martiniste Traditionnel pour les USA prend pied sur le continent, sous le patronage de l’AMORC, organisation américaine, qui se veut essentiellement rosicrucienne.

Entre 1887 et 1891, les premières initiations ayant été transmises, semble-t-il, dès 1887 (année de la rencontre des deux hommes), ils permirent donc à cette transmission de se structurer, certes en se «figeant » sous une forme rituelle, mais la mise en symboles garantissait que l’essentiel perdure, les instructions orales complétant l’ensemble.

Il était clair que "l’initiation" constituait une ouverture, un commencement et non une pierre de touche, une finalité, quelque chose de définitif et de suffisant en soi.

Le contexte de l’époque a quelques particularités.

La fin du XIXe est marquée par un esprit scientiste, rationaliste, voire athée, d’un côté, et d’autre part, par la religion catholique romaine qui est, à l’époque, crispée dans un moralisme assez étroit dans la société française. Aussi bien la mystique que les passerelles entre la science et la religion sont désertées.

Les sociétés « philosophiques » de l’époque ne satisfont pas non plus nos chercheurs, et ils vont donc utiliser beaucoup de leur énergie à chercher dans les "sciences" dites "occultes", la science "parapsychique" naissante, ou les traditions diverses ; chercher pour y trouver une unité ou des différences, et chercher pour faire connaître. Faire connaître un regard universel (à ne pas confondre avec le relativisme), et chercher l’étendue, la portée, de ce qu’ils ont entre les mains.

Les compagnons de la hiérophanie

Parmi ces « compagnons de la hiérophanie » (tels que les appelait Victor Émile Michelet), Gérard Encausse, ayant entre-temps choisi le nom de plume de Papus (génie de la médecine dans le Nuctéméron d’Apollonius de Thyane) fait figure à la fois de fédérateur et de meneur. Il multiplie les créations de revues, d’associations diverses, publications et conférences.

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Sa rencontre avec Nizier Anthelme Philippe va canaliser beaucoup de cette énergie. Après cette rencontre, Papus se concentre sur la mystique chrétienne et ce centrage va lui permettre de mieux comprendre les écrits du Philosophe Inconnu, sous l’égide duquel il avait placé l’Ordre Martiniste.

Une voie cardiaque

C’est sensiblement à cette période que Papus qualifia le martinisme de « voie cardiaque ». Cette appellation reprend la manière dont le Philosophe Inconnu définit l’initiation qu’il transmet, et se réfère également à la place du « sentiment » dans ce que Papus nomme « l’ésotérisme ».

L’Ordre Martiniste va donc se trouver aux confluences de courants divers et variés. Dès lors, les mouvements « spiritualistes » vont aller en se croisant, parfois en s’attirant, parfois en se repoussant, dans une mouvance souvent disparate, mais en contraste avec les positions de laïcité exacerbée, rationalistes, autant qu’avec le « moralisme étroit » de la religion de l’époque.

De ce fait, l’Ordre Martiniste, dès l’époque de Papus, fut un sanctuaire pour les spiritualistes, hors des grands courants religieux, hors des autres sociétés « initiatiques », hors des courants politiques ou sociaux et invariablement mixte. Cette indépendance était ouverte à tout ce qui pouvait favoriser "l’union de la science et de la foi". Cette ouverture dans l’accueil des « cherchants » permettait l’accès à une philosophie transcendante sans passer par des « landmarks », des dogmes, ou l’apprentissage d’un système particulier.

On le voit, cette organisation trouva son propre sens et sa cohérence avec l’impulsion originelle au fur et à mesure des efforts de ceux qui en étaient les dépositaires.

Un écho au-delà du temps

La position des fondateurs de l’Ordre Martiniste n’est pas sans rappeler ce qui s’était passé un siècle auparavant, siècle dans lequel le Philosophe Inconnu avait affaire à une société en plein bouleversement, en émancipation de la conscience individuelle, bousculant les traditions séculaires, plaçant la raison et l’individualité au centre des préoccupations philosophiques.

Pour cette fin de siècle qui aura vu l’industrialisation, l’électricité, ainsi que l’émergence aussi bien du marxisme que du « théosophisme » (terme inventé par René Guénon), de ses premiers partis politiques, la société européenne entre dans le XXe siècle dans cette « Belle Epoque », nommée comme cela après coup, courte période n’ayant pas connu de guerre majeure sur son sol. Cette période empiète sur le début du XXe siècle. Papus, moteur et emblème de ce mouvement, décéda le 25 octobre 1916.


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Comme à l'accoutumée, rendez vous est donné à tous les fidèles de "Papus" et de "Jean" pour un hommage collectif autour de leur tombe.

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