Questions fréquentes

I- Sur l’Ordre Martiniste

1. L’Ordre Martiniste est-il le seul Ordre Martiniste ?

L’Ordre Martiniste a été fondé par Papus en 1887 et son premier Suprême Conseil se réunit en juin 1891 Comme premier ordre initiatique ayant porté ce nom, aucun adjectif particulier n’a complété cette appellation. Il existe plusieurs ordres issus de la tradition martiniste. On les reconnait par un adjectif accolé à l’appellation “Ordre Martiniste”. Pour les plus anciens d’entre eux, leurs fondateurs ont été membres de l’Ordre Martiniste et s’en sont séparés par la suite.

2. Pourquoi existe-t-il autant d’organisations qui se réfèrent au martinisme ?

Il est normal de constater l’existence de différents Ordres.

Il est également possible que certains “se servent” de l’appellation « martiniste » pour bénéficier de la réputation du nom, sans être toujours en mesure d’en assumer la responsabilité ou d’en établir clairement le lien. Il peut en résulter des mélanges particuliers, ou une simple administration de l’initiation, sans que la conscience de ce qui est transmis soit présente : une coquille vide en somme.

3. Existe-t-il une “orthodoxie martiniste”, une sorte de “régularité initiatique” ?

Non. Il n’existe pas d’initiation “régulière” ou d’initiation “non régulière”. Il y a seulement des initiations spécifiques à chaque ordre initiatique. Aussi, affirmer qu’il faudrait avoir tel niveau intellectuel ou effectuer telle pratique cultuelle ou adopter tel système philosophique pour devenir martiniste, est simplement une erreur, en particulier si l’on place l’organisation sous le patronage du Philosophe Inconnu.
Notre tradition se sent moins liée aux écrits, aux chartes, qu’à la parole donnée et reçue.
Les initiations ne sont pas, rappelons-le, mécaniques, mais des aides, agissant sur différents plans dans le but d’accomplir une quête. Ce qui est transmis dépasse ce qui peut être contenu dans des écrits. Sinon, la transmission serait simplement écrite. Elle n’est pas non plus seulement liée à une cérémonie d’initiation qui conférerait un supposé niveau spirituel. Elle pourrait être considérée, au sens le plus large, comme ouvrant les portes vers une vie spirituelle ou à un certain niveau de cette vie si l’initiation est vécue et non seulement reçue.
L’initiation n’est pas un sacrement.
Ce qui compte à nos yeux est plus le travail intérieur, la quête spirituelle, la sincérité de l’engagement que le “statut papier” de la personne.

4. L’Ordre Martiniste est-il une religion ?

L’Ordre Martiniste n’est pas une religion.

Il n’est hostile à aucun culte religieux. Il ne demande pas l’adhésion à un culte extérieur. Une religion constituée s’appuie nécessairement sur des dogmes, qui sont les repères, les bornes de ses fidèles.

La démarche initiatique, telle que présente dans le martinisme, ne demande pas de tels repères tangibles. Réciproquement, les repères tangibles qu’utilise le martinisme pour son expression ne constituent en rien des “landmarks”.

L’Ordre Martiniste ne peut non plus garantir d’union privilégiée entre l’homme et Dieu du fait de l’adhésion et de la participation à ses activités ou de l’accès à telle ou telle initiation. Il se présente comme un environnement propice à une quête ; chacun y prend et y amène selon son bon vouloir. La liberté, au sens politique du mot, était une priorité de Papus, notre fondateur. Chaque membre est donc libre d’adhérer, s’il le souhaite, à une religion de son choix, selon le niveau d’implication qu’il jugera utile et nécessaire. Tout comme il en est de la vie associative ou privée de chaque membre, les appartenances diverses sont laissées à la libre appréciation de chacun.

Tout prosélytisme est à éviter.

5. Y a-t-il un Maître spirituel au sein de l’Ordre Martiniste ?

L’Ordre Martiniste ne pourra jamais vous proposer de “gourou”, guide, leader ni même de dogme.

Les Maîtres passés auxquels nous faisons référence, sont des repères, des témoignages vécus. Ils ont, chacun à leur manière, marqué l’histoire de notre Tradition en apportant leur propre expérience, soit par leur vie, soit par leurs écrits. Ils sont les exemples vivants de ce que chacun d’entre nous peut réaliser au cours de son existence. Ils éclairent donc en quelque sorte notre route, mais en aucun cas nous ne leur vouons un culte ni ne les vénérons comme des saints.

En dernière analyse, le seul véritable Maître est celui que nous portons au fond de nous-mêmes.

Et le seul que nous qualifions parfois de Maître des Maîtres, est le Fils de l’Homme.

II- L’Ordre Martiniste et ses membres

1. Faut il être croyant, et spécialement chrétien, pour entrer dans l’Ordre Martiniste ?

Tous les hommes sont naturellement “croyants”, dans le sens où ils ont des représentations de leur foi et qu’ils y croient. Ces représentations évoluent dans le courant de la vie. Parfois vers un changement complet, parfois vers plus de souplesse, ou au contraire, plus d’intransigeance. Les croyances participent à l’identification des personnes sur le plan psychologique, et ce n’est pas le rôle d’un Ordre initiatique de s’occuper de la façon dont les personnes se construisent et évoluent sur ce plan-là.

Pour la question spécifique des “chrétiens”, certains voient dans le martinisme un “approfondissement” de leur foi ; d’autres, qui avaient perdu leur foi, la retrouvent et l’assument davantage.

L’Ordre Martiniste n’a pas de lien objectif avec une église chrétienne. De la même manière, il est souvent fait mention d’église gnostique comme église du martinisme. C’est, encore une fois, une confusion entretenue par méconnaissance. L’histoire de l’église gnostique et de l’Ordre Martiniste a des points de jonction, des intérêts parfois transitoirement communs mais ils ont toujours, même au temps des traité d’amitié, conservaient et revendiquaient leur indépendance et autonomie.

2. Est-il possible d’être membre de l’Ordre Martiniste en restant isolé ?

Durant quelque temps, oui mais, dans tous les cas et à terme, il sera demandé de participer à la vie d’un Groupe.

Il faut d’abord faire la demande d’adhésion et qu’elle soit acceptée et validée.

Dans le processus de demande, il est possible de savoir s’il y a des Groupes dans la région géographique dans laquelle réside le candidat. S’il n’y a pas de Groupe proche de son domicile, on peut soit repousser sa demande, soit rester membre isolé en contact avec un Groupe de temps à autre en attendant qu’un Groupe proche de son domicile voit le jour.

Depuis de nombreuses années, l’Ordre Martiniste a mis en place un système de cahiers qui permettent à la fois d’étudier, tout en bénéficiant par correspondance d’un suivi de la part d’un membre plus expérimenté. Aucun enseignement valable pouvant être considéré comme autre chose que de la lecture s’il n’y a pas cet accompagnement personnalisé. Cet enseignement a été mis en place précisément pour que des membres isolés puissent “travailler” malgré leur isolement.

L’Ordre Martiniste organise aussi des moments de regroupements au niveau national, qui permettent des rencontres entre membres de régions différentes, occasions de partage d’expériences liées à la vie Martiniste, qui leur permettent de sortir de son isolement, si tel est le cas.

Enfin, grâce à la technologie actuelle et tant que la liberté d’utilisation demeure, il est possible de communiquer, via Internet avec des membres de l’Ordre Martiniste depuis n’importe quel point du globe terrestre. Ces échanges ne remplacent nullement la présence physique, et ce qui lui est associée ; les initiations, par exemple, ou les Réunions rituelles.

3. J’ai 17 ans, je suis chrétien non pratiquant et m’intéresse à l’ésotérisme, comment puis-je devenir membre de votre Ordre ?

Il est bon d’être majeur avant de contracter un engagement quelconque. Il est prudent d’avoir, sinon quelques cheveux blancs, au moins un certain degré de maturité que seulement le frottement avec la vie et nos semblables nous fait acquérir. Ne croyez pas que ces paroles vont dans le sens d’un découragement. C’est pour votre propre bien que votre volonté doit être basée sur l’expérience et guidée par le désir de vous améliorer, vous et par conséquent votre prochain à votre contact.

Entre-temps, cher jeune ami, efforcez-vous de ne pas faire de la peine autour de vous et d’être honnête vis-à-vis de votre conscience. Aimer son prochain comme Jésus nous le demande est déjà un gros travail. D’ici quelque temps, si vous êtes toujours intéressé, vous pourrez reprendre contact avec nous.

4. Quels types d’engagements dois-je prendre pour devenir membre de votre Ordre ?

Le fait d’être membre de l’Ordre Martiniste comporte un libre engagement de votre part, vis-à-vis de vous même et aussi vis-à-vis de l’Ordre.

Vous devriez avoir la possibilité d’assister régulièrement aux réunions du Groupe ou Cercle qui pourrait vous accueillir.

Vous devriez aussi vous efforcer de mener une vie en accord avec les principes spirituels que l’Ordre Martiniste propose.

III- Le travail au sein de l’Ordre Martiniste

1. Qu’entendez-vous par ésotérisme ? En quoi consiste le travail au sein de l’Ordre Martiniste ?

L’ésotérisme conduit l’homme aux portes de la connaissance de soi.

En ce sens, les sciences traditionnelles, telles que l’Alchimie, l’Astrologie, la Kabbale ou le Tarot, sont des aides puissantes. Reste que celui qui se connaît bien cherche, par la purification, le détachement et la pratique du discernement, à s’élever et à aider ses semblables.

L’Ordre Martiniste se propose d’aider tout chercheur sincère dans l’accomplissement d’un travail désintéressé sur soi, la pratique de la bonté envers autrui et, par l’étude, l’approfondissement de la connaissance, surtout celle portant sur la partie cachée ou moins « visible » de la vie. Cela devrait permettre à tout homme, toute femme, de parvenir aux marches de la Sagesse.

2. Peut-on développer des pouvoirs spécifiques et acquérir des facultés psychiques avec les enseignements de L’Ordre Martiniste ?

En ce qui concerne le développement de soi-disant “pouvoirs” ou “facultés”, ils ne font pas partie de notre enseignement, pas plus que la parapsychologie expérimentale. S’il est vrai qu’ils peuvent survenir à la suite d’un travail interne et désintéressé de purification, ils ne constituent pas la preuve d’un réel avancement spirituel.

Quant à la magie, qui souvent tend à donner une emprise sur la nature ou sur autrui, non seulement elle n’est pas enseignée chez nous, mais certaines de ses pratiques peuvent constituer un motif d’exclusion de l’Ordre.

3. Quel type de travail individuel propose l’Ordre Martiniste ?

Les enseignements de l’Ordre Martiniste préparent à un travail individuel qui touche trois domaines :

  • le mental, au moyen de l’étude et par la recherche et le développement du discernement,
  • le sentiment, par la prise de conscience de la tradition universelle, du message martiniste et des principes chrétiens,
  • l’action, par la mise en pratique de cette même prise de conscience. Elle invite à l’exercice de la prière et de la méditation ; elle se traduit par la pratique d’une action bénévole de service envers notre prochain.

Leur contenu touche aussi bien des concepts fondamentaux de l’ésotérisme chrétien, la notion de rituel et la constitution occulte de l’homme, que la conception martiniste de l’Homme de Désir, auquel Louis-Claude de Saint Martin faisait si souvent référence.

4. J’ai déjà fait partie pendant plusieurs années, d’Ordres initiatiques proches du martinisme, que faut-il faire pour vous rejoindre ?

Vous nous dites avoir fait partie de « x » autres Ordres initiatiques pendant des années. Il faut que vous sachiez, au sujet des Ordres ésotériques, que l’Ordre Martiniste est un Ordre indépendant de tout autre mouvement initiatique, maçonnique ou spiritualiste quel qu’il soit. Il a ses propres rituels et initiations et il n’y a pas lieu de faire des rapprochements avec d’autres organisations.

Etant donné que toutes les initiations sont différentes de celles pratiquées ailleurs, et que les initiations que l’Ordre Martiniste confère lui sont propres, il faut donc, sauf cas particulier, commencer par la première initiation rituelle de l’Ordre Martiniste.

5. Je voyage souvent pour mon travail, qu’exigez-vous d’un affilié à un groupe Martiniste ?

Il est exigé une assiduité au Groupe martiniste auquel on est affilié.

Le travail en Groupe est basé sur la participation active, individuelle et régulière de chaque membre. On peut néanmoins rester temporairement « membre isolé » en relation avec un Groupe.

La réunion de Groupe a lieu une fois par mois, en général à date fixe.

6. Que signifie le terme de Chevalerie chrétienne ?

La chevalerie chrétienne dont parle Papus, et telle que nous l’entendons, commence par l’étude, un travail, une discipline individuelle et la pratique de la bonté, alors que pratique, titres et charges doivent rester inconnus pour le prochain.

Tout ceci vise toujours à la propre transformation, sans bruit et sans éclat.

7. Quel type de démarche initiatique proposez-vous ?

Une démarche initiatique telle que vous seriez amené à entreprendre au sein de l’Ordre Martiniste serait basée sur l’étude, la prière et un travail sur vous, visant à rendre votre personnalité de plus en plus transparente aux valeurs intérieures. De telles valeurs, qui ne font pas de bruit et n’ont pas d’éclat, ne sont pas facilement reconnues par autrui.

Cette démarche d’étude, de prière et de travail sur soi conduit normalement à pratiquer la charité, la tolérance et la bienveillance envers tous les êtres. Un certain état de calme intérieur et un sentiment d’harmonie devraient en résulter.

8. Quels types de faculté psychiques doit-on rechercher dans le travail pratique de l’occultisme ?

Les pouvoirs ou les facultés psychiques de médiumnité, de magnétisme ou autres ne sont nullement recherchés au sein de l’Ordre qui d’ailleurs n’encourage pas la pratique de la Magie.

Nous attirons votre attention sur le fait que la Magie n’est pas enseignée chez nous.

9. Enseignez-vous la Kabbale ?

La Kabbale, si elle peut être étudiée dans nos Groupes, ne l’est pas de façon systématique. Elle fait néanmoins partie intégrante du patrimoine général de l’ésotérisme occidental, et particulièrement judéo-chrétien. C’est pour cette raison que de nombreux Martinistes, dans le passé comme aujourd’hui, ont étudié et continuent d’étudier cette discipline. Par contre, nous mettons en garde contre toute tentative d’application “magique” de cette branche de l’ésotérisme. Elle doit plutôt être considérée comme un moyen de mieux se connaître, ainsi que les liens qui nous unissent à Dieu.

10. En quoi consiste l’enseignement et les formations que vous dispensez ?

Notre enseignement porte tout autant sur le côté occulte des phénomènes de la vie que sur le travail sur soi afin que chacun contribue, dans la mesure du possible, à la paix en soi, étape incontournable pour une paix « autour de soi ».

L’Ordre Martiniste ne s’occupe pas de former ses adhérents aux sciences occultes bien quelles peuvent être sujets d’étude. Il les aide à se transformer eux-mêmes en les rendant plus aptes à aider les autres. Il est en effet toujours nécessaire de donner avant de recevoir. Et comment pourrait-on donner quelque chose que l’on ne possède pas, ne soit-il qu’un certain degré de connaissance ?

IV- Conseils aux chercheurs

1. Quelles conditions sont requises pour l’étude de l’ésotérisme ?

Avant d’entreprendre des études d’ésotérisme il est important que vous soyez autonome et que la vie familiale ne soit pas pour vous source de déséquilibre ou de disharmonie.

L’ésotérisme arrive “en plus” d’une vie sociale, professionnelle et familiale équilibrée. Il ne doit en aucun cas constituer un substitut ou une échappatoire quelconque.

Un psychisme sain est une garantie.

2. Quels conseils donnez-vous par rapport aux sectes qui proposent des enseignements proches des vôtres ?

Les sectes pullulent et nombre d’entre elles actuellement, sont plus “grises” ou “jaunes” que blanches et pures. Il n’en demeure pas moins vrai que certaines offrent une possibilité de travail et de purification intérieure. Prenez garde où vous mettez vos pieds et votre confiance, et n’acceptez JAMAIS l’autorité de qui que ce soit que votre cœur n’ait reconnu, avant toute chose, comme étant un être de bonté, porteur de paix, dont la vie dans le monde répond à ce prêche.

Un gage aussi quand on entame une démarche auprès d’une organisation, c’est une certaine exigence attendue pour y entrer, et une totale liberté, sans contrainte quelconque, pour en sortir…C’est bien entendu le cas pour l’Ordre Martiniste.

3. Que pensez-vous des pratiques divinatoires, voyance, chirologie, tarologie ?

Ces pratiques de divination donnent lieu, trop souvent, à une prise de pouvoir sur autrui et à des relations financières. Bien sûr, il y a des personnes honnêtes parmi les voyants, chirologues, tarologues, etc., mais soit la connaissance approfondie manque, soit ils ne savent pas exactement eux-mêmes sur quel plan leurs visions ou intuitions se situent.

4. Comment doit-on aborder les domaines de l’invisible et les suggestions des médiums ?

La première des choses, quand on rentre dans les domaines de l’invisible, est de bien garder les pieds sur terre, l’esprit bienveillant, l’attitude humble et sincère et le cœur ouvert à autrui.

Ne vous laissez pas entraîner par des promesses qui vous proposent de faire sur vous un travail rapide de développement personnel, de nettoyage ou de remise en ordre, alors qu’il s’agit d’un travail individuel demandant du bon sens, une introspection et une attention constante au pourquoi de nos actions, afin d’améliorer sans cesse ce que nous sommes, ce que nous faisons, comment nous le faisons et dans quel but.

5. Quel genre de facultés devons-nous développer pour mieux aider les autres ?

Nous avons de nombreux candidats qui veulent aider les autres à travers le développement de certaines facultés. Mais en ont-ils réellement, des facultés et, dans ce cas, ont-ils l’intelligence nécessaire pour aider les autres ? Ce n’est guère facile, surtout quand on est jeune.

Nous pensons que l’étude et la compréhension d’anciennes traditions, aussi bien occidentales qu’orientales élargissent l’esprit. Nous devons d’abord nous aider nous-mêmes afin de devenir meilleurs, en étudiant, en méditant, en priant … en s’exerçant petit à petit à être en mesure d’aider son prochain avec les petites choses et affaires de la vie quotidienne. Après seulement, nous serons plus efficaces pour réellement porter de l’aide aux autres.